Des morceaux choisis de ma vie: récits de voyage, coup de cœur de lectures, textes personnels, le tout dans plusieurs langues. Relatos de viajes, racconti, riassunti, impresiones sobre mis lecturas, etc ... Je reprends mon blog après plusieurs années d'inactivité. J'ai pas mal évolué depuis (par exemple, j'ai complètement cessé l'alcool dont je fais très largement l'apologie dans mes textes de l'époque et je ne suis plus de gauche) ... mais l'évolution fait partie de la vie, alors peut-être le poursuivrai-je en lui donnant une nouvelle orientation?
C'était la fin du voyage ....
Finalement, j'avais un peu trop bu pour pouvoir apprécier pleinement et à sa juste mesure mon séjour à Dinant. Une gueule de bois, lègère, juste assez pour vous faire aimer la vie, mais toujours trop pour pouvoir avoir pleine conscience de ses sensations.
Les voisins de camping sont là quand je sors de ma tente; ils m'invitent à un café salutaire. Un couple à la retraite; elle flamande, lui wallon. J'ai toutefois autant de mal à le comprendre lui, qu'à la comprendre elle. Mais peu importe; tout ce qui importe, c'est la magie de l'instant. Ils passent là les mois d'été, une de leurs filles n'habite pas loin. Une vie simple et paisible, à l'image des silences et des sourires qui ponctuent les phrases de mes hotes, une vie à laquelle j'ai peut-être envie d'aspirer ...
Lorsque je pars, le jeune homme qui m'a accompagnée à la banque la veille est là, comme un membre de plus de la famille; finalement c'est le patron du camping qui m'emmène au bus, qui me ramènera à Givet. Où je prends le train pour Charleville. Voyage à l'envers, je vois dérouler sous mes yeux neufs le voyage à l'endroit que j'ai fait à pied. Une heure de train pour quatre jours de voyage le long de la Meuse.
Je retrouve Charleville, abandonnée depuis mon dernier séjour pendant le festival des marionnettes. Je retrouve le camping de l'Olympe où je logeais déjà alors -première expérience, merveilleuse, de camping-. Je retournai sur ce pont où, venant d'apprendre le décès de Viviane, une camarade d'un atelier d'écriture auquel je participe, j'avais regardé les flots de la Meuse emporter au loin mon chagrin; je retournai dans ce bar où j'appris le suicide de mon oncle; j'allai enfin au musée Rimbaud que je n'avais pu visiter lors de mon premier séjour - heureux Rimbaud, l'homme libre qui allait sur les chemins: "J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal"-; et je m'affalai sur l'herbe du camping en me disant combien j'aime ce contact avec la terre.
Avec ma terre. La terre d'où je viens.