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Des morceaux choisis de ma vie: récits de voyage, coup de cœur de lectures, textes personnels, le tout dans plusieurs langues. Relatos de viajes, racconti, riassunti, impresiones sobre mis lecturas, etc ... Je reprends mon blog après plusieurs années d'inactivité. J'ai pas mal évolué depuis (par exemple, j'ai complètement cessé l'alcool dont je fais très largement l'apologie dans mes textes de l'époque et je ne suis plus de gauche) ... mais l'évolution fait partie de la vie, alors peut-être le poursuivrai-je en lui donnant une nouvelle orientation?

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Une Chimay bien méritée -1er épisode-

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Photo 580

 

 

 

 Arrivée à Dinant,

  en Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Une femme m'indique l'office du tourisme dans la Grand Rue, alors que 100 mètres plus loin, un panneau indique l'office du tourisme sur le quai.

Je vais quand même voir dans la Grand Rue; bien-sûr, ce n'est pas là, alors je reviens sur mes pas. Je prends cette errance comme la suite naturelle de mon petit périple, mais c'est autant de temps que je ne passerai pas devant ma Chimay. L'office du tourisme m'indique un camping à 1 kilomètre, ah, voilà qui fait bien mon affaire ... Et il reste de la place? J'étais bien échaudée après mon aventure à Givet, c'est bien le cas de le dire, angoissée, même, presque. Je me dis que quand même les employées de l'office du tourisme auraient pu téléphoner, histoire de ne pas me taper le kilomètre sous le soleil, surtout qu'en fait, c'est deux kilomètres qu'il y a. Mais bon, c'est la suite logique et naturelle de mon petit périple, mais tout autant de temps que je ne passerai pas devant ma Chimay. 

 

J'arrive au camping, la gorge nouée par la peur qu'il soit complet. Ce n'est pas complet, super. Je paye, il me manque 1 €. Le monsieur, très gentil, m'explique que depuis que les chèques ont été supprimés, il est possible de retirer du cash avec sa carte bancaire dans les magasins, je n'ai qu'à aller au premier magasin venu, enfin non, plutôt le deuxième, acheter un petit truc et retirer de l'argent en même temps. Je laisse tout en plan et me mets en route. Je vois ma Chimay partir en fumée dans le ciel belge et s'éparpiller dans les eaux tumultueuses de la Meuse. Malgré tout, je me sens libre et légère avec juste ma carte bleue en poche ... Et si je partais ... Et si je ne revenais pas, ni au camping, ni ailleurs ...

 

Le premier magasin est un magasin d'outils et d'équipements nautiques, bon, je comprends que le monsieur m'ait conseillé le deuxième magasin. Le deuxième magasin est un concessionnaire voiture, et je me vois bien dire: "Je voudrais une 406 et 30 € de cash s'il vous plaît" tout en tendant ma carte bleue. Le 3ème magasin est la boutique d'une station service; là, j'aurai plus de chance. Ah non, il faut une carte Bancontact. Me voici à nouveau sur la route, à la recherche d'un distributeur. Prendre une Chimay en terrasse va-t-il relever de l'impossible? Je me dis que je suis en vacances, que j'ai le temps, que tout va bien.

Au guichet, ma carte ne fonctionne pas: "réserve d'argent insuffisante". J'hallucine. Avant mon départ, j'avais bien téléphoné au banquier pour débloquer une réserve de 400 € à laquelle j'ai accès; de plus, une personne qui me doit de l'argent devait me faire son dernier versement aujourd'hui, mardi. J'avais bien dit au banquier qu'aujourd'hui, mardi, est le jour où les impôts se prélèvent, et le banquier avait bien répondu qu'il s'arrangerait pour que je n'ai pas de problèmes, mais ... Je veux croire que tout est encore possible: je vais demander au guichet, je vais à une autre banque -je ne suis plus à 10 minutes près- où là-aussi, je demande au guichet.

 

Je me disperse, je m'agite, il faut bien que je me rende à l'évidence: je dois retourner au camping téléphoner au banquier, je ne prendrai jamais de Chimay en terrasse en bord de Meuse.

 

Le chemin vers le camping ne m'a jamais paru aussi court, j'ai l'impression que ces trajets et autres piétinements me cassent les pieds au sens propre du terme, alors que pendant mon petit périple, je n'ai ressenti aucune douleur particulière aux pieds.

J'arrive au camping, je demande à récupérer mon argent et explique la situation de façon confuse. La réponse est claire: "Vous devez dormir quelque part, autant que ce soit ici. A 15h30, je pars en ville en voiture. Je vous emmène à la banque". 

 

Justement 15h30, c'est l'heure que le banquier me fixe pour refaire une tentative de retrait. J'installe la tente, le site du camping est assez idyllique en face de Bouvines, le site des tentes donne direct sur la Meuse; mais hélas, je ne suis guère d'humeur à profiter du paysage. Je ressens un sentiment bizarre, entre honte face à ma situation bancaire et une immense liberté: celle de n'avoir plus rien.

 

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